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Turquie, dernier ennemi d'Israël / le « levier » de Netanyahut pour les élections

Publié le 25/08/2026 - 12:332 min
Turquie, dernier ennemi d'Israël / le « levier » de Netanyahut pour les élections
© Agence France-Presse (AFP)

Une banderole géante sur l'autoroute principale de Tel Aviv place la Turquie directement au centre de la campagne électorale du Premier ministre Benjamin Netanyahu. L'image montre son président, Recep Tayyip Erdogan, aux côtés des dirigeants de l'Iran, du Hezbollah et du maire de New York City comme opposants d'Israël sous le slogan : "Ils veulent que Netanyahu perde. Ne les laissez pas gagner."

Quelques jours plus tard, la Turquie est également devenue le centre de la dernière confrontation militaire d'Israël. Des avions de chasse israéliens ont frappé la base aérienne d'Abu al-Dahar dans le nord de la Syrie, visant ce que les responsables ont dit être un déploiement militaire turc en développement qu'Israël considérait comme une menace significative. Mais avec les élections à un peu plus de deux mois, le timing de l'attaque avec les messages de campagne de Netanyahu a suscité un débat en Israël et à l'étranger : Netanyahu prévient-il une véritable menace stratégique ou l'amplifie-t-il pour augmenter son soutien dans les urnes ?

Pendant la majeure partie de sa carrière politique, Netanyahu s'est présenté comme l'homme qu'il faut pour faire face à toute menace pesant sur Israël. Il est également un politicien chevronné avec une longue histoire de retournement des crises à son avantage. Officiellement, Israël a présenté l'attaque en Syrie comme une nécessité opérationnelle pure : Netanyahu et son ministre de la Défense, Israel Katz, ont tous deux déclaré que le renseignement israélien montrait que la Turquie se préparait à déployer des forces et du matériel sur la base aérienne. Mais la Turquie, les États-Unis et certains rivaux politiques nationaux de Netanyahu ont souligné l'élément temporel. Rejetant la version israélienne comme "sans fondement", la Turquie a accusé Netanyahu de "poursuivre des politiques expansionnistes et déstabilisatrices dans la région" avant les élections d'octobre.

Netanyahu et Erdogan se sont longtemps affrontés et la rhétorique publique s'est dramatiquement durcie lors des guerres à Gaza, au Liban et en Iran. Erdogan a qualifié Netanyahu de criminel de guerre et a accusé Israël de brutalités à Gaza ; Netanyahu a accusé Erdogan de soutenir le Hamas.

Julien Morel

Julien Morel

Journaliste

Je suis journaliste spécialisé dans les affaires politiques et les institutions publiques. J’écris sur les politiques publiques et les questions de transparence.